Demande à Enzo qui commande, il te répond qu’il n’y a pas de chef. Demande-lui si ça part en vrille, il te répond que non.
« Le vrai chef de la journée, c’est Humansport. C’est l’événement, le chef. C’est ça qui nous dicte quoi faire, comment faire, quand le faire. »
Sur le papier, chacun a un titre. Créateur, cofondateur, co-organisateur. Dans les faits, ils font tous la même chose : tout.
Un centre, un quartier, une bande
Ils se connaissaient avant de travailler ensemble. Du quartier, pour la plupart. C’est Enzo qui a fait entrer Hamdjatou au centre. C’est Enzo, encore, qui a relancé Alex pendant un an entier, entre deux missions d’intérim, jusqu’à ce qu’il finisse par dire oui.
Belly, lui, y est depuis quatre ans. Son frère aussi est passé par le foot havrais. Jamal est arrivé dans la foulée. Hamza complète l’équipe.
Le centre a fait le reste : quand tu passes tes journées à accompagner les mêmes enfants, à gérer les mêmes crises et à célébrer les mêmes progrès, tu ne repars pas chacun de ton côté à 19h20.
L’histoire d’Alex, ou comment on devient bénévole par amitié et agent de soins par accident
Alex a 22 ans. Il a commencé par filer un coup de main sur les premières éditions, sans plus.
« Je voulais aider mes potes. Juste de l’aide au début. Au niveau des journées, je ne prêtais pas trop attention aux enfants. »
Trois éditions plus tard, il ne regarde plus la journée pareil. Il s’est rapproché des enfants, il a postulé au centre, il a fait ses jours d’adaptation en doublon, et depuis mars il y travaille.
Son top 3 des choses qui comptent au boulot ? Il a répondu du tac au tac. Numéro un : les enfants, leur sécurité, leur accompagnement. Ensuite l’ambiance et les collègues.
Comment ils s’organisent sans s’organiser
Les rendez-vous sont partagés. Celui qui est disponible y va. Celui qui bosse envoie les mails pendant sa pause, ou cale un appel entre deux services.
« Tout le monde charbonne au même niveau », résume Enzo. Pas de deadline, pas de réunion hebdo. Juste une date qui se rapproche et qui met tout le monde d’accord.
Cette année, avec une journée qui grossit, le collectif a dû s’y prendre autrement : moins de face-à-face, beaucoup plus de téléphone et de mails, parce que les présidents de clubs et d’associations, tu ne les croises pas dans la rue.
Ce que ça dit du reste
Il y a un truc à retenir de cette histoire, et il dépasse largement le handicap. Ces gars ont entre 22 et 25 ans, ils bossent en horaires coupés, ils gagnent un salaire d’agent de soins, et ils montent chaque été un événement d’ampleur pour un public qui, dans sa grande majorité, ne pourra jamais leur rendre la pareille.
« Ce n’est pas ce public-là qui va venir dire : ce jour-là, on va faire un événement en notre nom. Jamais ils ne le feront », dit Enzo. « Nous, on est là justement pour porter ce message. »
Rendez-vous le 29 août au stade Pelé. Le programme est dans « Humansport, la journée sport et handicap du Havre, c’est le 29 août au stade Pelé ».
À lire aussi
Source : interviews réalisées par Havrais·e avec le collectif Humansport.