Au Centre Infantile Raymond Lerch, au Havre, des agents de soins accompagnent chaque jour des enfants et des adolescents en situation de handicap. Plusieurs d’entre eux, également engagés dans le collectif Human’Sport, ont raconté à Havrais·e ce qu’ils apprennent sur le terrain, les difficultés du métier et les progrès qui donnent du sens à leur travail.
Le Centre Raymond Lerch dépend de l’Association pour l’Animation des Fondations du Docteur Gibert. Il réunit notamment un établissement pour enfants et adolescents polyhandicapés (EEAP) et un institut médico-éducatif (IME). L’association présente Human’Sport comme une initiative portée par des professionnels du centre.
Une journée rythmée par l’accompagnement
La journée décrite par les professionnels interrogés commence tôt, avec la transmission des informations entre équipes. Viennent ensuite les levers, l’hygiène, l’habillage et le petit-déjeuner. Chaque geste du quotidien peut devenir un support d’apprentissage de l’autonomie.
Pour les enfants qui communiquent peu ou pas par la parole, les équipes utilisent notamment des pictogrammes et des tableaux de communication. L’objectif est de permettre à chacun d’exprimer un besoin, un choix ou un inconfort.
Après une coupure, certains agents reprennent leur service dans l’après-midi. Ils participent alors au suivi des projets personnalisés d’accompagnement, aux échanges avec les familles et aux activités : piscine, promenade, musée, travail sur table ou sortie en forêt. Ces horaires sont ceux racontés par les personnes interrogées ; ils ne résument pas tous les rythmes de travail de l’établissement.
Comprendre avant de réagir
Les professionnels évoquent aussi les moments de crise. Ils insistent sur un point essentiel : un comportement difficile ne définit pas un enfant. Il peut traduire une douleur, une peur, une frustration ou l’impossibilité de communiquer autrement. L’enjeu est donc de comprendre ce qui se passe, de sécuriser la situation et de s’appuyer sur l’équipe.
« Je savais que c’était un handicap, mais je ne connaissais pas tout ce qu’il y a derrière », confie l’un des agents interrogés. Avec l’expérience, dit-il, le métier lui a appris la patience, l’observation et l’humilité.
Les progrès qui donnent du sens au métier
Les réussites sont parfois discrètes : un geste accompli avec moins d’aide, une consigne comprise, une nouvelle manière de communiquer ou une activité devenue possible. Les professionnels interrogés expliquent que ces avancées se construisent dans le temps, à partir d’objectifs adaptés à chaque enfant.
Le projet personnalisé d’accompagnement sert précisément à fixer ces objectifs et à mesurer les évolutions. Il associe les équipes, l’enfant selon ses possibilités et sa famille.
Se former et travailler en équipe
Les témoignages recueillis montrent l’importance du travail en binôme, des transmissions et de la formation continue. Les fonctions d’agent de soins, d’accompagnant éducatif et social, de moniteur-éducateur ou d’éducateur spécialisé ne sont pas interchangeables : elles correspondent à des qualifications et à des responsabilités différentes.
Les personnes interrogées racontent néanmoins un même apprentissage quotidien : observer, demander de l’aide, connaître les habitudes de chaque enfant et ne jamais rester seul face à une situation difficile.
Comment se renseigner ou postuler
Les personnes intéressées peuvent consulter la page officielle « Nous rejoindre » de l’Association Gibert. Elle permet de déposer une candidature en précisant le métier et le type de contrat recherchés. L’existence d’un formulaire ne signifie pas qu’un poste précis est actuellement vacant : il faut vérifier les offres disponibles auprès de l’association.
Le lien avec Human’Sport
Les agents rencontrés participent aussi à Human’Sport, une journée locale consacrée au sport et à la sensibilisation au handicap. Cette initiative explique le contexte dans lequel Havrais·e a recueilli leurs témoignages.
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Méthode : article rédigé à partir d’entretiens réalisés par Havrais·e avec plusieurs membres du collectif Human’Sport. Les témoignages sont anonymisés dans cette version et les situations individuelles d’enfants ont été retirées afin de protéger leur vie privée.