Kymssia : deux Havrais lancent leur marque de cosmétiques

Kymssia, marque de cosmétiques créée par deux entrepreneurs du Havre, mise sur le Nila, l’huile de pépins de figue de Barbarie et la pharmacie.

Kymssia, marque de cosmétiques née au Havre, raconte autant une histoire de soins qu’une histoire d’amitié et d’entrepreneuriat. Whalid Ouchache et Abderrahmane Chakiri ont quitté des postes confortables pour bâtir une gamme autour de deux actifs : l’huile de pépins de figue de Barbarie et le Nila.

Leur projet associe sourcing au Maroc, conception et conditionnement en France, vente en ligne et implantation progressive en pharmacie. Dans un long entretien accordé à Havrais·e, les deux cofondateurs ont parlé de leurs compétences complémentaires, de leurs erreurs et de l’ambition qui anime encore cette jeune entreprise.

Voir l’entretien avec les cofondateurs de Kymssia

Retrouvez l’entretien vidéo publié par Havrais·e avec les cofondateurs de Kymssia.

Entretien « Ils ont quitté des salaires confortables pour créer Kymssia », publié par Havrais·e sur YouTube.

Kymssia, une marque portée par deux profils complémentaires

Whalid Ouchache vient du commerce et du marketing. Après un master en marketing international au Havre, il a travaillé pour de grands groupes, puis dans les univers pharmaceutique et cosmétique. Il y a appris la vente, la négociation, la représentation d’une marque et le fonctionnement du réseau officinal.

Abderrahmane Chakiri a construit son parcours dans la logistique, le transport, la douane et la supply chain. Cette expérience lui permet de structurer les opérations, les flux, les fournisseurs, les stocks et les expéditions.

Leur association illustre une règle utile à de nombreux créateurs d’entreprise : deux associés n’ont pas besoin de savoir faire exactement la même chose. Leur force vient souvent de leur capacité à couvrir des besoins différents tout en partageant une vision commune.

« On est deux personnes complémentaires, que ce soit dans la vie ou dans le business. »

Découvrez aussi les parcours professionnels de Whalid Ouchache sur LinkedIn et d’Abderrahmane Chakiri sur LinkedIn.

Quitter un emploi stable sans repartir de zéro

Les fondateurs n’ont pas entrepris faute d’alternative. Ils occupaient des postes à responsabilités, avec des salaires confortables et des avantages. Ils ont pourtant choisi de réinvestir leur expérience dans un projet personnel.

Le risque existe, mais leurs années de salariat constituent un capital : méthodes de travail, connaissance du marché, réseau, discipline et capacité à résoudre des problèmes. Créer Kymssia ne signifie donc pas effacer leur passé professionnel. La marque en est le prolongement.

Des cosmétiques autour de l’huile de pépins et du Nila

Sur son site officiel, Kymssia présente des soins pour le visage, le corps et les cheveux. La marque met particulièrement en avant l’huile de pépins de figue de Barbarie et le Nila, deux ingrédients issus de traditions nord-africaines que les fondateurs souhaitent intégrer à des formules contemporaines.

L’huile de pépins est extraite des graines du fruit. Elle ne doit pas être confondue avec certains macérats obtenus en laissant la figue dans une autre huile végétale. Le rendement très faible de la graine explique sa rareté et les petits formats proposés par les marques.

Le Nila est présenté par Kymssia comme une poudre minérale traditionnellement utilisée dans des rituels de beauté sahariens. Le discours de la marque relie ainsi héritage culturel, sensorialité et formulation française.

Les bénéfices d’un cosmétique ne doivent jamais être confondus avec une promesse médicale. Le règlement européen sur les allégations cosmétiques impose notamment conformité, véracité, éléments probants, honnêteté et compréhension par le consommateur.

Pourquoi Kymssia choisit la pharmacie

La boutique en ligne permet de commander depuis toute la France. La pharmacie reste toutefois centrale dans la stratégie de Kymssia : elle offre un lieu de conseil, une présence physique et la possibilité d’expliquer des actifs encore peu connus.

Être référencé ne suffit pas. Une marque doit former les équipes, suivre les stocks, organiser des animations et créer une demande. Le réseau peut ouvrir la porte d’un pharmacien ; le produit, le service et la rotation en rayon doivent ensuite convaincre.

Kymssia indique être distribuée dans plusieurs pharmacies et met à disposition une page consacrée à ses pharmacies partenaires. Pour les fondateurs, l’objectif est de consolider ces implantations avant d’accélérer.

Une erreur de direction artistique devenue leçon

Les deux associés racontent avoir dû refaire leur identité visuelle. Leur première direction artistique ne traduisait pas assez précisément la profondeur du projet. Cette expérience leur a appris qu’un entrepreneur peut déléguer la création sans déléguer sa vision.

Un prestataire a besoin d’un cap : public, valeurs, émotion recherchée, différence et positionnement. Sans ce travail, un beau logo peut rester déconnecté de l’entreprise qu’il doit représenter.

Le sens du nom Kymssia

Le nom rend hommage à plusieurs femmes ayant marqué l’histoire et les imaginaires des fondateurs, parmi lesquelles Katherine Johnson, Yoko Ono, Marie Curie et Simone Veil. La marque veut célébrer des beautés libres et des parcours singuliers.

Cette symbolique rejoint également le récit du sourcing : selon les fondateurs, la récolte des figues de Barbarie peut faire travailler des coopératives féminines au Maroc. Kymssia affirme rechercher une sélection responsable de ses matières premières.

Entreprendre au Havre sans renoncer à un marché national

Les produits sont expédiés depuis Le Havre tandis que les rendez-vous commerciaux conduisent régulièrement les fondateurs en Île-de-France et dans d’autres régions. Le numérique permet de piloter les commandes et la communication depuis la Normandie ; le terrain reste nécessaire pour construire la distribution.

La proximité de Paris et l’écosystème logistique local sont deux atouts. HAROPA PORT positionne d’ailleurs l’axe Seine comme une infrastructure majeure du commerce et de la logistique française.

Le principal enseignement n’est pas qu’il faudrait choisir entre Le Havre et Paris. Il consiste à organiser l’entreprise pour profiter des avantages des deux territoires.

Une aventure encore en construction

Kymssia n’est pas racontée comme une réussite achevée. Les cofondateurs parlent d’une entreprise en progression, avec ses investissements, ses doutes, ses petites erreurs et ses objectifs. Cette sincérité donne du relief à leur témoignage.

Leur méthode tient en quelques principes : associer des compétences complémentaires, écouter le marché, expliquer les produits, entretenir les relations humaines, apprendre des erreurs et rester ambitieux sans perdre l’humilité.

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