Du cinéma aux planches : Ibrahima Ba dans Passeport d’Alexis Michalik

Ibrahima Ba raconte comment Passeport d’Alexis Michalik l’a conduit du cinéma au Théâtre de la Renaissance et à un nouveau rapport aux émotions.

Originaire de Mont-Gaillard, au Havre, Ibrahima Ba raconte dans un entretien vidéo avec Havrais·e son passage du cinéma au théâtre avec Passeport, la pièce d’Alexis Michalik. L’expérience l’a conduit à revoir sa manière de jouer et à interroger son rapport aux émotions.

Ibrahima Ba revient sur son parcours, du Mont-Gaillard au cinéma et au Théâtre de la Renaissance.

Une histoire d’exil, de mémoire et d’identité

Passeport suit Issa, un jeune Érythréen laissé pour mort dans la « jungle » de Calais et devenu amnésique. Son passeport est le seul élément tangible de son passé. Il entreprend une longue quête pour obtenir un titre de séjour, entouré de compagnons d’infortune.

Le Théâtre de la Renaissance crédite Ibrahima Ba dans la distribution en alternance. Dans l’entretien, le comédien explique que participer à ce récit dépasse pour lui l’exercice technique. Il y voit une histoire humaine sur l’exil, la mémoire et la recherche d’identité.

Réapprendre à jouer devant un public

Quand Alexis Michalik le convoque pour une lecture, Ibrahima Ba vient surtout du jeu face caméra. Il décrit le théâtre et le cinéma comme deux disciplines différentes : au cinéma, une prise peut être recommencée ; sur scène, il faut porter la voix, occuper l’espace et rester présent pendant toute la représentation.

Le comédien raconte avoir d’abord eu tendance à oublier le public ou à lui tourner le dos. Il doit travailler ses placements, le rythme et la projection. Son manque d’expérience théâtrale alimente aussi un syndrome de l’imposteur, alors que plusieurs partenaires ont suivi des années de formation.

Dans son témoignage, ce décalage ne disparaît pas d’un coup. Il apprend au fil des répétitions et des représentations. La possibilité de se tromper en direct devient une source d’intensité : chaque soir, l’histoire recommence devant un public différent.

Un travail personnel sur les émotions

Ibrahima Ba évoque également les exercices de respiration et les moments où les acteurs s’autorisent à pleurer pendant leur travail. Il explique avoir grandi dans un environnement où montrer sa vulnérabilité pouvait exposer aux moqueries, ce qui rend ce relâchement difficile.

Il décrit cette évolution comme une expérience personnelle : le jeu, le coaching et l’introspection l’ont aidé à parler davantage plutôt qu’à tout garder pour lui. Ses propos ne constituent pas un conseil médical. Ils éclairent la manière dont une pratique artistique peut modifier le rapport d’un acteur à ses propres émotions.

Du Havre au Théâtre de la Renaissance

Parmi ses souvenirs les plus forts, Ibrahima Ba raconte la venue surprise de proches du Havre. Son frère avait organisé le déplacement d’un groupe du quartier sans le prévenir. Depuis la scène, il ne comprend qu’après la représentation qui se trouvait dans la salle.

Cette soirée relie plusieurs étapes de son parcours : l’adolescent de Mont-Gaillard qui cachait son envie de jouer, le chauffeur de taxi qui finançait ses cours et l’acteur désormais présent sur une scène parisienne. Pour lui, voir une personne de son quartier exercer ce métier peut rendre une vocation plus concrète.

La page officielle du théâtre annonce une reprise de Passeport à partir du 11 octobre 2026. Retrouvez aussi les entretiens de Havrais·e avec des personnalités locales.

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